Groupe Bordeaux en luttes - Septembre 2022

Si rien ne bouge...

Le monde va mal : guerre contre la population en Ukraine, relance des budgets militaires, dictatures, colonisations et massacres de peuples (Ouïghours, Palestiniens, Kurdes...), répressions et autoritarismes sur tous les continents, extrêmes droites et fascismes étendus, droit à l'avortement remis en cause aux États-Unis, racismes, violences faites aux femmes, dérèglement climatique avec les sécheresses, les famines, des réfugié.es refoulé. es aux portes des puissances riches par des politiques criminelles de fermeture des frontières...

La planète entière s'enfonce dans une spirale de violences, de catastrophes et de drames humains. C'est la responsabilité du système économique capitaliste en crise, incapable de subvenir aux besoins de l'humanité tant la priorité est donné aux profits et à l'égoïsme des ultra-riches, à l'obsession des possédants à s'accaparer toujours plus de richesses.

Mais à quoi bon cet état des lieux de la planète alors que nous nous exprimons ici dans le magazine de Bordeaux, une belle ville riche, attractive, culturelle, qui plus est une ville écologiste et de gauche, c'est cool. Tout va bien ou presque. Bon c'est vrai, les Girondins sont relégués, quelle tristesse, et puis il fait très chaud l'été sur les places minéralisées. Mais pas d'inquiétude, tout est sous contrôle des pouvoirs publics territoriaux et des acteurs économiques.

Oui le ton est ironique, volontairement, c'est une façon d'exprimer notre colère quand, au fil du temps, nous ne voyons rien venir, rien changer, ou si peu, et si loin des nécessités du moment. Car il s'agit bien de faire face à des urgences, qu'elles soient sociales, sanitaires, économiques, environnementales, bref à des urgences humanitaires.

Même si nous semblons relativement épargnés par les catastrophes planétaires, cela n'empêche que le chômage et la précarité frappent fort, le mal-logement et le sans-abrisme s'aggravent, l'accès aux soins, à l'éducation, à la culture se compliquent avec la destruction des services publics, les pollutions dues aux pesticides ou aux bateaux de croisière touchent à la santé de la population, la bétonnisation et les concentrations de population dans la métropole ne pourront que provoquer des difficultés demain.

Pourtant les politiques restent sensiblement les mêmes, tout en continuité. Alors qu'il faut rompre avec ce qui se faisait jusqu'à présent. Il est urgent de développer des dispensaires de santé dans les quartiers, de renforcer les services publics de logement et des transports, de réquisitionner les bâtiments vides pour loger les personnes à la rue, de stopper l'artificialisation des sols, d'interdire les pesticides, de recruter massivement dans les écoles, les centres d'animation, partout où il y a des besoins sociaux...

Pour cela il faut des moyens financiers et humains, partager les richesses et les pouvoirs, il faut que les habitants puissent décider et agir directement. Pour faire bouger en haut, faudra absolument bouger en bas.